Paul CASSEGRAIN

Biographie

L'abbé Cassegraiin est né à Angerville en 1693. Sa famille, originaire de Chartres, fournit à cette ville des médecins ditingués dont le plus ancien vivait à la fin du XVème siècle. Cette famille eut de nombreux enfants dont François Cassegrain, qui plus tard chirurgien d'Angerville, se fera remarquer par son dévouement et son esprit religieux. Son fils Paul-Mathurin, engagé comme chirurgien militaire, lui succéda et épousa Marie Guenée, fille d'un hôtelier d'Etampes, veuve de Nicolas Sergent qui tenait l'auberge de la Croix d'Or à Angerville. Le chirurgien s'établit dans la maison de sa femme où elle continuait de faire manger les voyageurs, tandis que lui, soignant les malades, se montrait le véritable ami des pauvres.
Paul Cassegrain serait né le 25 Janvier 1693. Dans sa jeunesse, il tombe sur son oreille gauche et perd l'ouïe de ce côté. Son père construisit une masure à côté de l'auberge et y entreprit d'y éléver son fils avec une scrupuleuse attention. Paul alla à l'école du village; son maître, M. Goussard remarqua chez lui une grande ardeur et beaucoup de goût pour l'étude.
Son père lui fit donner des leçons de grammaire et de latin par M. Perthuis, alors curé d'Angerville. Paul étudia avec une nouvelle ardeur et son père révait d'en faire un chirurgien. Un jour que son père était absent, un malade vint pour se faire saigner. Sans hésiter, Paul prit la lancette et pratiqua une saignée comme un praticien chevronné. Ce qui fut du goût de son père mais pas du curé qui voyait en lui un ministre de Dieu.
Début 1700, des missionnaires venus prècher remarquèrent l'enfant et convainquirent son père de servir Dieu. Ils placèrent Paul à Orléans au collège des Jésuites. Paul avait 13 ans et demi.
Ses débuts furent laborieux mais en trois ans, il fut l'élève le plus brillant en philosophie. En 1711, il entre à Sainte-Barbe pour y étudier avec Montempuis, professeur au collège du Plessis.
Partout les succès suivaient ce jeune homme dont l'étoile paraissait si brillante.
Mais en 1717, il perdit son père et en fut terriblement affecté. Paul résolu d'entrer au séminaire de Chartres. Paul reçut les quatre ordres mineurs quatre mois après. Il gagna en humilité mais aussi en franchise, habitué à la discussion lors de son passage à Sainte-Barbe.
Paul reçut son sous-diaconat en 1715, le diaconat en 1716 et fut ordonné prètre en 1717. M. de Chambon, marquis d'Arbouville, connaissant le talent de Paul et l'histoire de sa famille, le fit nommer chapelain à son château. Il vécut d'autérité, de deux maigres repas par jour, et cela amena un peu d'aisance dans sa famille dont il avait la charge.
Il parcourut la contrée, demandé par les paroisses environnantes. Quoique le plus jeune, il était sans contredit let le plus éloquent. A chauqe lecture il prenait des notes. Nous lui devons gràce à ces notes l'Abrégé de l'Histoire Ecclésiastique commencé en 1720.
Sa santé faible fut encore mise à l'épreuve quand on lui demanda de diriger la communauté de Sainville (1727). Il fit toutes les semaines huit lieues à pied pour assurer ce poste. Il resta à Sainville en permanence sur les supplications de Mme Poussepin, supérieure de la communauté. A l'âge avancé de celle-ci, sa nièce, soeur Agnès Revers, lui succéda. Son autorité, son austérité, sa sévérité lui firent bientôt jalouser son chapelain et Paul fut un jour contraint de quitter cette place que seule, sa mansuétude lui avait fait accepter.
Nommé chapelain à Louville-la-Chenard, il s'y rendit immédiatement. Il y fut reçu avec chaleur et y vécut heureux jusqu'à sa nommination à la cure de Bouglainval. Il y commença ses fonctions en attendant son titre qu'il obtint en Février 1732. Le délabrement de sa petite paroisse aurait pu le décourager, mais son courage grandit avec la difficulté et il contribua fortement à l'amélioration de la paroisse.
Marie Poussepin
Cependant, son désir de solitude lui fit demander et obtenir un retrait dans la solitude de Saint-Rémy d'Auneau. Il s'y rendit en 1734, avec sa mère et un jeune neuveu adoptif. Il fut reçu à bras ouvert. On lui construisit une petite maison où il ne résolut de ne partir qu'à sa mort. La communauté s'étoffa. Elle reçut le nom de Communauté du Sacré-Coeur de Jésus, eut des règles basées sur la pénitence, la pauvreté et le travail. La marque distinctive était une médaille d'argent, en forme de coeur, surmontée d'une croix et gravée du nom de Jésus et Marie.
Cassegrain, directeur de la communauté, s'y fit remarquer par sa vie exemplaire, l'excellence de ses sermons. Jusqu'à l'age de 50 ans, il fut couché sur la paille, sans lit ni matelas et dans une sorte de bière, placée sous l'escalier du grenier, voilé par un morceau de vieille tapisserie qui en dérobait la vue. Sa peine s'ajouta le 15 Novembre 1738, à la mort de sa mère. Il abandonna son bien à ses frères et soeurs et se livra à la solitude plus que jamais. Mais sa réputation l'avait précédée et il fut contraint de se rendre à Paris, cette Babylone comme il l'appelait, et n'y trouva jamais ce bonheur qu'il recherchait.
Il fut désigné pour prècher les Dames de Charité. On ne tarda pas à aller en foule à Saint-Roch pour entendre cet homme plein de sainteté. En 1740, il obtint de prendre quelques vacances à Auneau et y fut tellement séduit qu'il écrivit au Cardinal de manière si persuasive que celui-ci céda. Mais deux ans après, il fut contraint de se rendre à Issy, en 1742, avec son neveu Durand. Il y fut nommé confesseur et conseiller du ministre. Le curé d'Auneau vivait en toute simplicité aux milieux des grandeurs quand le cardinal de Fleury mourut le 29 Janvier 1743. Cassegrain y vit l'occasion de revenir à Auneau, ce qu'il fit, partant à pied. Mais il fut rejoint et contraint de revenir au château. Il en repartit, gratifié d'un ane pour faire sa route, et revint à Auneau.
Sa joie fut de courte durée : l'abbé Fleury résolut de faire chanoine le chapelain d'Auneau, à n'importe quel prix. Cassegrain dut accepter et se rendre près de l'évèque. Sa conduite en ces nouveaux lieux fut fidèle à celle qu'il eut toute sa vie et fut exemplaire.

le cardinal Fleury
Un an plus tard, il fut nommé à Tours et dut avec le célèbre d'Aulonne, chanoine de l'Eglise de Sens, remplir cette pénible mission.
Il tomba malade et dut limiter ses instructions. De retour à Chartres, il fonda la Congrégation de la Croix, en 1750. En 1756, quand le Dauphin vint à Chartres, il le fit demander et eut avec lui une grande conversation. Le soir au diner, son neveu s'étonna du silence au sujet de la conversation royale :
- Grande rareté, répondit Cassegrain, qu'un grand de la terre parle à un homme, alors que Dieu lui parle tous les jours.
L'église Saint Rémy à Auneau En 1764, l'acte de fondation fut enfin passé le 9 Mars et ratifié par l'évèque trois ans après. Sa santé déclina de plus en plus : hernie, rhumatismes, faiblesse poitrinaire le minait au quotidien. Il ne fut bientôt qu'un composé d'infirmités. C'est dans ces temps qu'il rédigea Examen des Preuves de la Religion, qu'il revit et annota son Histoire Ecclesiastique et qu'il réunit une partie de ses sermons. Il sentait sa fin prochaine et fit pour la première fois réchauffer son lit, se sentant lui-même glacé. Il s'allongea pour ne plus se relever.
Dire quelle émotion, quelle douleur cette nouvelle porta dans le coeur des habitants est chose impossible.
Tous vinrent assister à son agonie et son neveu arriva juste pour ses dernières minutes, lui disant les prières des agonisants. Cassegrain mourut le 18 Février 1771. Son inhumation fut accompagnée des plus éminents personnages de son époque.

Epitaphe

Ici repose le corps de Maître Paul CASSEGRAIN,
prètre chanoine de l'Eglise de Chartres,
décédé, en opinion de sainteté,
le XVIII Février MDCCLXXI, agé de LXXVIII ans.
Epris de la beauté de cette solitude,
Il méprisa pour elle et la ville et la Cour;
Le coeur de Jésus fut sa plus chère étude,
Il mit toute sa joie à l'aimer à son tour.
Toi que :
Ce digne prêtre eut tant de soin d'instruire,
Retiens bien ses leçons, ô peuple de ce lieu !
Du fond de son sépulcre il semble encore te dire :
"Tu mourras; fuis le monde et n'aime que ton Dieu."

Tombeau de Paul Cassegrain à Auneau


Tombeau de Paul Cassegrain à Auneau

Œuvres

De Paul Cassegrain n'est connu que :

Edité (sans son nom, conformément à sa demande) :

- La dévotion à la Croix ou Prières et pratiques pour les personnes qui embrassent cette dévotion,
  
imprimées par ordre de Monseigneur l'évêque de Chartres. MDCCLIII.

Non édité :
- Examen des Preuves de la Religion,
- Histoire Ecclesiastique,
- Sermons,
- Abrégé de l'Histoire Ecclésiastique
commencé en 1720.
Sources

Souvenirs de Beauce. Biographies des hommes remarquables d'Angerville la Gâte par Ernest MENAULT.
Photos du tombeau de Paul Cassegrain : webmaster.

Remerciements
La municipalité d'Auneau pour l'autorisation de clichés du tombeau.
Liens

Marie POUSSEPIN