L'affaire Dormoy

L'oeil de la police n° 203

L'ASSASSIN RENARD. -- C'est encore un membre de la "bande tragique" qui comparaissait devant le jury de Seine-et-Oise Renard, le complice du redoutable Britannicus, qui assassina le brigadier de gendarmerie Dormoy, à Etampes, après avoir essayé de cambrioler la gare des Aubrais
Surpris à Angerville, il fit feu sur le brigadier qui fut tué ; le complice du misérable, Britannicus fut tué par un gendarme.
Renard nie qu'il ait eu l'intention de tuer.
Dans la nuit le jury a fait connaitre son verdict. Il a été affirmatif sur la plupart des questions, muet sur les circonstances atténuantes.
La cour a condamné Renard à la peine de mort.

L'oeil de la police n° 211

Les transes d'un condamné à mort

Joseph Renard, le complice de Britannicus, condamné à mort le 9 novembre dernier pour avoir blessé, à coups de revolver, le 31 janvier 1912, au cours d'un cambriolage, les employés de la gare d'Orléans, puis tué le brigadier de gendarmerie Dormoy, d'Angerville, qui voulait l'arrêter, attend avec une certaine nervosité, à la prison de Versailles, qu'il soit statué sur son recours en grâce.
Renard marque d'un trait sur une feuille de papier chaque jour écoulé depuis sa condamnation et vingt fois dans la journée en refait le compte ; il répète aux gardiens qui ne le quittent pas depuis sa condamnation qu'il sera exécuté, « car il n'a jamais eu de chance » et il rapelle qu'on n'a jamais gracié son homonyme Renard, condamné à mort à Paris pour avoir tué un agent.
Une de ces dernières nuits, le condamné a été réveillé en sursaut par l'éclatement simultané de deux pneumatiques d'une automobile passant rue Saint-Pierre, devant la prison.
Il crut que c'était M. Deibler qui procédait au montage de la lugubre machine et, comme des rumeurs persistaient dans la rue, il ne put se rendormir, attendant avec anxiété la venue du jour.

L'oeil de la police n° 214

A ANGERVILLE

Mais si les trains vont vite, le télégraphe marche plus vite encore. Des Aubrais, on télégraphia aux gendarmes des communes placées sur la ligne et aux stations desquelles le train devait s'arrêter.
Dans le compartiment où ils se sont réfugiés, les bandits sont soucieux. Ils supposent bien que la police est sur leurs traces et qu'à chaque instant, ils risquent d'être arrêtés.
Déjà, à Etampes, deux gendarmes sont sur le quai de la gare. A l'arrivée du train, ils inspectent les compartiments. Mais le signalement vague qu'on leur a donné ne correspond pas à celui des deux bandits. Les gendarmes passent. Le train repart. Les malfaiteurs sont sauvés.
La gendarmerie d'Angerville a été prévenue et, quand le train entre dans la gare de cette localité, le brigadier de gendarmerie Dormoy et deux gendarmes sont là, qui attendent le convoi.
Cette fois les bandits comprennent qu'ils sont perdus.
Sans hésiter, ils sautent du train à contre-voie, franchissent la haie, bondissent sur la route et s'enfuient à travers champs.
Des voyageurs les ont vus. Ils les signalent aux gendarmes qui, à leur tour, traversent les voies et se mettent à leur poursuite.
Les malfaiteurs ont de l'avance.
Mais les représentants de l'autorité gagnent du terrain. Derrière eux, en une foule exaspérée, courent des habitants d'Angerville, des paysans, des voyageurs du train qui ont interrompu leur voyage pour aider à la capture des vauriens.
Ceux_ci sentent leur situation désespérée. Plusieurs fois, ils se retournent cont les poursuivants. A coups de revolver, ils tentent de les intimider. Mais le brigadier Dormoy ne recule pas. Ils avancent toujours.
Déjà le brigadier va saisir un des bandits. Celui-ci fait face, revolver au poing. Il le vise, fait feu. Le brigadier tombe comme une masse. La mort a été instantanée.

La foule s'empresse autour du malheureux brigadier. Le bandit en profite pour s'enfuir à ytravers champs. Bientôt ceux qui le poursuivent perdent sa trace.
Les gendarmes continuent la chasse.Mais les malfaiteurs se sont séparés. Les représentants de la loi les imitent. L'un contnue à poursuivre le peurtrier. L'autre court après le second bandit.

LES CRIMES DE LA BANDE BONNOT_GARNIER


Pages 6 et 7

Détails

L'oeil de la police n° 215

L'EXÉCUTION DE RENARD. -- Renard, le comparse de la bande Bonnot, qui tua, à Angerville, le brigadier de gendarmerie Dormoy, a été exécuté à Versailles. Le bandit exprima ses regrets au procureur. Une foule nombreuse assistait à l'exécution, maintenue par la troupe qui, suivant la coutume, tournait le dos à l'échafaud. Quand Renard sortit de la prison, il aperçut les montants de la guillotine, et il eut un mouvement de recul. Rapidement, les aides le poussèrent. La planche bascula, et le couperet tomba. L'un des aides prit la tête, qu'il jeta dans un panier avec le corps, et le fourgon fila vers le cimetière des Gonards.

Sources

Reprises intégrales des reportages parus dans les journaux:

L'œil de la police N° 203

L'œil de la police N° 211

L'œil de la police N° 214

L'œil de la police N° 215

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